De la France aux îles Canaries

Eté 2006 Pour ces vacances d’été 2006, nous avons prévu un mois pour amener le bateau aux Canaries..
L’équipage est composé de Michel, skipper et bricoleur invétéré, Christine, organisatrice de la vie à bord, et Nicolas, 16 ans, lecteur insatiable. C’est dans cette configuration que nous projetons de traverser l’atlantique et donc cette croisière de 1600 miles va servir de test grandeur réelle avant le grand saut et va constituer notre parcours de qualification. En fait les conditions météo particulièrement clémentes nous ont juste permis d’évaluer notre résistance à la pétole et au soleil caniculaire. Pour ce qui est de la résistance au gros temps, nous verrons bien, en fait j’espère qu’on n’aura pas à tester.

- Le Crouesty - Baiona :
Départ du Crouesty le 24 juillet sous un soleil éclatant et petite brise, cap sur la Galice au 235. Le regard en arrière est un brin nostalgique car le golfe du Morbihan et la baie de Quiberon sont vraiment un paradis où nous ne nous lassons pas de naviguer depuis plus de 20 ans. Mais l’appel du grand large nous a touchés et nous sommes curieux de découvrir d’autres horizons. Golfe de Gascogne paisible, où nous avons croisé une baleine tout près et attrapé un petit thon qui nous régalés pendant 2 jours. La mer est bleu marine.

Islas Sisargas

Au troisième jour la Corogne est en vue et on rêve déjà de la Torre de Hercules, des balades sur le front de mer, des restos d’arroz con bogavante… et on écoute la météo qui nous annonce du suroît pour le lendemain. Alors on arrondit le Cabo Villano et, après une nuit supplémentaire, accompagnée par des dauphins traçant des sillages phosphorescents autour du bateau, nous arrivons à Baiona le 28 juillet. Deux jours de farniente et bricolage dans un cadre accueillant que nous retrouvons avec plaisir. Après, le sud, c’est l’inconnu.

- Baiona- Leixoes
Départ dimanche après-midi pour passer la soirée aux îles Cies où nous expérimentons le hamac offert par des amis (merci Laurence, Bertrand, Philippe , Gilles, Cédric, Régis...), leurs voeux nous accompagnent.

Puis cap au sud vers Leixoes où nous arrivons en fin de matinée après une nuit au moteur. Marina en zone industrielle entourée d’un terminal pétrolier et de porte containers. Très bon abri qui nous permet d’aller visiter Porto, ses quais, ses chais agrémentés des inévitables dégustations! Magnifique!

Leixoes - Nazaré
Enfin un peu de vent montant jusqu’à 22 noeuds, grand largue puis vent arrière génois tangonné. Le site de Nazaré est superbe avec sa falaise d’un côté dominant une immense plage de sable doré. Toute la ville est imprégnée de l’odeur des sardines grillées dans la rue sur des barbecues. Balade le long de la falaise en surplomb.

Il y a un peu trop de touristes mais on est au mois d’août bien sûr. D’un seul coup une brume à couper au couteau et un crachin breton nous enveloppent le soir et nous nous réfugions au bateau. Le lendemain, matinée au marché, pittoresque pour ses bancs de poissons et très bien fourni en fruits et légumes.

- Nazaré - Lisbonne
Départ en fin d’après midi après avoir attendu le retour du soleil. Nous nous faisons cueillir par une houle résiduelle qui envoie Nicolas au fond de la couchette. On ne le reverra que le lendemain à midi. Moi je succombe à quelques tâches ménagères commencées au port mais après un petit somme réparateur je suis à nouveau d’attaque pour prendre mon quart. Arrivée en début d’après midi à la marina d’Alcantara qui semble être la seule qui accepte des bateaux de passage. Le cadre n’est pas très enchanteur : la marina est coincée entre les containers d’un côté, une quatre voies et le train de banlieue de l’autre. En fait elle est très bien située par rapport à la ville et, après avoir tâtonné sur les transports, nous la trouvons finalement très pratique durant les deux jours où nous restons visiter Lisbonne. La canicule nous assomme littéralement.

Visite de la tour de Belem dans la soirée puis du bario alto. Le lendemain promenade dans l’Amalfa et longue visite au musée maritime qui est réputé pour ses maquettes, ses salles sur les grandes découvertes et l’exposition de bateaux historiques. Tramways typiques. Dimanche visite du musée des Azulejos puis du cloître des Jeronimos. Dans l’après midi nous fuyons la fournaise et partons au près vers l’embouchure du Tage à Cascais.

- Lisbonne - Cascais
C’est le Saint-Tropez de Lisbonne! Port de plaisance moderne, très bien équipé, acueil parfait, ça se paie! Très touristique avec ses rues piétonnes entièrement pleines de tables de restaurants. C’est très joli si on fait abstraction du monstrueux immeuble en rénovation à l’est de la ville. Petite escapade touristique en bus à Sintra qui était la résidence d’été des rois du Portugal. On se croirait en Bavière tellement c’est vert, couvert de collines et pics dominés par des châteaux médiévaux ou style la belle au bois dormant ! Deuxième soirée à Cascais car nous sommes tombés sous le charme.

- Cascais - Lagos
A force de traîner, on se rend compte que l’on est un peu juste en timing. Calme plat, 20 heures de moteur. La soirée est sauvée par une centaine de dauphins qui font un show autour du bateau avec des sauts prodigieux. On se croirait dans un cirque aquatique !

Une brume épaisse s'installe et nous doublons le cap Saint Vincent sans le voir. Le vent se lève en début de matinée pile dans le nez. Avec le courant contre, nous tirons des bords en écailles de tricératops !

Nous atteignons Lagos dans la matinée après avoir longé la côte où les villages blancs contrastent avec les falaises ocres. La marina très réputée est effectivement luxueuse, entourée de boutiques et restaurants. Là encore la chaleur nous écrase et la journée s’écoule doucement. La ville est bondée de touristes, il faut dire que le site est magnifique avec son village fortifié et ses grottes sous-marines.

Lagos - Porto Santo
Il est temps pour nous de quitter les côtes portugaises où nous avons bien flemmardé. Une navigation de 450 milles nous attend pour atteindre Porto Santo. On reprend le rythme des quarts de nuit de 3 heures et une veille alternée dans la journée en fonction des activités de chacun. Après 3 jours et demi de navigation tranquille, nous sommes en vue des volcans de Porto Santo au lever du soleil. Accueil très chaleureux à la marina mais pas de place au ponton et nous mouillons dans le port. Visite de l’île en bus décapotable et baignade sur la célèbre plage de 7 kilomètres de long, constituée de sable fin et doré.

Porto Santo - Madeira
40 milles plus tard, nous longeons la côte sud de Madeira sous un ciel un peu menaçant. Escale à Funchal, réputé port bondé où les bateaux s’entassent à couple. Mais heureusement il semble que l’on soit hors saison, avec seulement 6 bateaux de passage dans une marina très agréable, en pleine ville. Nous jouons à nouveau les touristes : marché de fruits exotiques (ah les petites mangues de Madeira…), de poissons et visite d’un jardin botanique accessible par téléphérique!

Madeira - Lanzarote
Départ au soleil levant sous une lumière dorée pour notre dernière étape. Nous nous faisons un peu malmener par la houle en passant à côté des îles Desertas, falaises inhabitées de 400 mètres de haut qui réfléchissent la houle. Vent portant qui nous accompagne toute la nuit et la journée du lendemain.

Arrivée le surlendemain matin au nord de Lanzarote. Nous longeons les îles volcaniques au large, Montaña Clara et Alegranza.

avant un petit détour par Graciosa, île totalement aride en face de la falaise à pic de la pointe nord de Lanzarote où le génialissime César Manrique a aménagé un point de vue grandiose, le Mirador del Rio. Nous suivons la côte est de l’île dans un vent qui se renforce sous les reliefs.

Finalement à 10 milles de l’arrivée, nous prenons un ris pour la première fois de la croisière! Arrivée dans l’après-midi à Puerto Calero, où nous attend une place réservée depuis la France, car nous laisserons le bateau là jusqu’en novembre. Tourisme terrestre pendant les quelques heures de vacances qu’il nous reste avant de regagner la France.